Colombes, France

​​​Les Chinois apprécient le lait tricolore

La consommation de lait français en Chine explose. Si le marché chinois est très bataillé, la France bénéficie d’une image d’excellence en qualité et sécurité alimentaire.


Soucieux d’améliorer leur santé et avides de nouvelles modes, les Chinois intègrent désormais les produits laitiers à leurs menus. En 2013, un habitant des villes consommait, ainsi, 27 kg de lait par an (2 kg en campagne). Si l’on est loin des 250 kg consommés par Européen, le potentiel de croissance est considérable. Surtout si l’on intègre que la Chine achète déjà 10 % de la production laitière mondiale. En outre, en 2013, la France a exporté l’équivalent de 323 millions d’euros de lait liquide, poudre infantile et fromages. Et a expédié pour 157 millions d’euros de lait pour bébé.

L’émergence d’une classe moyenne explique cette évolution. Selon Business France (ex Ubifrance), agence française pour l’export, le revenu moyen annuel par habitant urbain atteint 2000 euros. Environ 100 millions de personnes gagnent plus de 1000 euros mensuels. Cette population, ainsi que les Chinois expatriés, adopte progressivement le lait.

Selon Business France, du nourrisson au vieillard, tous les âges de la vie sont concernés. Et fin 2008, la crise de la mélanine dans la poudre infantile a accentué le phénomène en créant une forte défiance au sein des familles, qui ont reporté leurs achats sur des produits importés réputés plus fiables.

« Concernant les enfants, le gouvernement finance des programmes de distribution de lait dans les écoles, pour éviter les carences en calcium. »​ ajoute Hélène Hovasse, chef du pôle Agrotech de Business France basée à Shanghai. « Les écoliers boivent du lait durant les pauses du matin, comme s’ils prenaient des jus de fruits. »


Les adultes s’y mettent aussi


« Le lait "blanc" et les laits aromatisés sont consommés au petit-déjeuner », observe, pour sa part, Henry Yu, Directeur Marketing (catégorie lait) de Tetra Pak Chine. «​ Les deux marques les plus populaires, MengNiu et YiLi sont locales. La première est cotée à Hong Kong, et la deuxième à Shanghai. » Si la consommation de lait par habitant est encore réduite en Chine par rapport aux marchés développés, « ce marché est toutefois très prometteur et représente un gros potentiel, précise-t-il. Le lancement de nouveaux produits et de nouveaux packaging seront clé pour le marché du lait ».

Toujours selon Henry Yu, les produits laitiers sont vendus dans les magasins traditionnels, tout comme en hypermarchés et supermarchés. Quant au commerce en ligne, même s’il est relativement restreint à ce jour, il est en pleine croissance. Hélène Hovasse ajoute que des marques comme Candia ont même créé des boutiques pour vendre le lait. Un phénomène, encore marginal, qui est tout de même symbolique.


Image de qualité pour la France


Plus de 250 sociétés françaises sont agréées pour exporter, telles que Danone, Bongrain, Sodiaal, Paysan Breton... La fin des quotas laitiers programmés par Bruxelles pour le 1er avril va, en outre, donner les coudées franches aux éleveurs pour produire plus. En prévision de cette libéralisation, la production de lait française a bondi de 6,5 % en 2014 (Source : CNIEL). La baisse de l’euro par rapport au dollar est aussi un atout à l’export. Enfin, la France profite d’une image d’excellence en qualité et sécurité alimentaire

Reste que le marché chinois est très bataillé, à la fois par les Européens (Pays-Bas, Irlande, Allemagne...) et la Nouvelle Zélande. Ce pays ayant l’avantage de la proximité géographique et des coûts de fabrication bas, car les conditions climatiques permettent aux troupeaux de brouter les prairies toute l’année.

Pour gagner en puissance, les groupes français nouent donc des partenariats avec leurs homologues chinois. C’est le cas de Danone avec MengNiu, d’Isigny avec Biostime, et de Sodiaal avec Synutra.​

Marie Saunier © AdC
Crédit photo © Hélène Hovasse de Business France