Colombes, France

Nourrir la planète, un défi du millénaire

L’Exposition Universelle 2015, qui s’est tenue à Milan a été l’occasion de définir les solutions pour alimenter 9 milliards d’individus à l’horizon 2050 tout en préservant les ressources.

 

Comment préparer l’agriculture de demain ? L’Expo Milano 2015, qui a fermé ses portes le 31 octobre, a tenté d’apporter des réponses à cette question cruciale. Le 15 octobre, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a présenté les grandes orientations lors d’un colloque organisé au pavillon français.
D’abord un constat. Plus de 800 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde. Et les démographes prévoient que l’humanité comptera 9 milliards d’individus d’ici à 2050. Les villes gagnent du terrain. Chaque année, 20 millions d’hectares de sols agricoles disparaissent sous le béton et le bitume.

Production agricole : Faire plus avec moins

« Il n’est pas souhaitable de défricher davantage de terres pour les cultiver, car le risque serait de détruire forêts et savanes, essentielles à l’équilibre planétaire, précise Samuel Kugbei, expert à la FAO. Il faudra donc faire plus avec moins. En clair, améliorer la productivité. »

Les agronomes estiment que la production agricole devra croître de 60 % avant 2050. Ce n’est pas impossible à réaliser, car, depuis 1960, l’agriculture mondiale a quasi doublé ses rendements grâce aux progrès technologiques. Des pays, comme le Kazakhstan ou l’Argentine, pourraient ainsi augmenter la performance de leurs champs de céréales grâce aux connaissances en matière d’agronomie, d’irrigation, de machinerie et de prévision météo.

Un double objectif : préserver les sols et la biodiversité

La FAO met ainsi l’accent sur un secteur stratégique et mal connu : les graines. L’organisme vient d’éditer le « Voluntary guide for national seed policy formulation », un guide de bonnes pratiques pour inciter les Etats en voie de développement à faciliter l’accès des paysans aux semences de qualité.
Le guide préconise que les cultivateurs locaux participent à la sélection des graines de riz, de blé ou de maïs, et souscrivent des microcrédits pour en financer l’acquisition. Afin d’éviter la spéculation, les Etats devraient fixer un prix plafond des semences, et encadrer l’importation et l’exportation de graines. Enfin, concernant les OGM (organismes génétiquement modifiés), la FAO reste neutre : chaque nation doit peser le pour et le contre.

30 % de gaspillage alimentaire

Un autre défi concerne l’emballage et la logistique. Aujourd’hui, 80 % de la population du globe est citadine. Il s’agit d’approvisionner les villes sans perdre ni détruire la marchandise durant le transport. « En Afrique, environ 30 % des denrées agricoles sont gâchées en raison de la mauvaise qualité des infrastructures, déplore Samuel Kugbei. Tout cela peut être corrigé avec des investissements dans le rail, la route et les ports. »
Hasard des chiffres, 30 % de produits alimentaires sont également jetés trop vite dans les poubelles des pays développés. Pour Tetra Pak « une partie de ce gaspillage alimentaire pourrait-être évité si le consommateur portait son choix sur des formats d’emballages réellement adaptés à ses besoins, évitant ainsi d’être obligé de jeter l’excédent non consommé ». Du Nord au Sud, chaque citoyen est donc responsable.

Lucie Saunier© AdC