Colombes, France

​​Avec le nouveau logo de Syndilait, préférez le lait français ! 

La concurrence internationale s’accélère en matière de production laitière. Pour guider le consommateur lors de ses achats, Syndilait crée un label qui garantit la collecte et le conditionnement tricolores. Une bonne manière aussi de défendre la filière laitière française. Décryptage d’un label qui sera bientôt présent sur 50 % des produits lait du marché !

Un logo en forme de carte de France dont s’échappent quelques gouttes, accompagné de la mention « Lait collecté et conditionné en France ». Le nouveau label lancé en février par Syndilait (Syndicat National des Fabricants de Lait de Consommation), soutenu par le ministère de l’Agriculture et la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de Lait) ne pouvait pas être plus explicite.

« Le consommateur français attache de l’importance à l’origine de ce qu’il achète et cela vaut encore davantage pour les produits alimentaires. Mais l’ovale sanitaire avec la mention FR apposée sur l’emballage de lait, qui relève d’une règlementation technique, n’est pas très visible. Les MDD apposent des signalétiques différentes. Quant au label OFG (Origine France Garantie), il ne convenait pas tout à fait à nos exigences de produit collecté et conditionné à 100 % en France. D’où cette initiative », explique Giampaolo Schiratti, Directeur Général de Candia et Président de Syndilait.
Les prétendants au logo qui seront audités par Veritas répondront donc aux attentes de 84 % de Français interrogés qui estiment important de connaître l’origine du lait. Plus de la moitié (51 %) se considèrent mal informés sur ce plan, selon une enquête CSA pour le CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière) de décembre 2014.

Le label bientôt présent sur 50 % des produits lait

A travers cette initiative, la France ne fait que s’aligner sur les pratiques de ses voisins puisque l’Espagne, la Belgique et l’Allemagne prennent soin depuis longtemps de valoriser leur production nationale. Par exemple, les industriels qui utilisent le lait comme ingrédient dans leurs produits exigent le plus souvent, dans leurs appels d’offre, un lait produit localement, ce qui n’est pas forcément le cas en France.
Candia, les MDD de Carrefour, Cora, Match, Intermarché et Auchan s’étant déjà engagés à apposer ce logo sur leurs emballages, celui-ci devrait concerner rapidement 50 % du marché total et près des deux tiers de la production française. Si le label se diffuse comme prévu, une campagne grand public pour renforcer sa notoriété serait lancée en presse ou télévision à la rentrée prochaine.

Protéger les 24 000 emplois de la filière

Ce nouveau label va inciter les acheteurs à soutenir une filière qui représente directement et indirectement 24 000 emplois en France dont une partie se trouve menacée par la dégradation du marché. Depuis le 1er avril, la fin des quotas laitiers permet aux éleveurs de produire les quantités qu’ils veulent. Par anticipation, la production a déjà augmenté de 5 % en 2014 dans l’Union Européenne. A cela s’ajoute l’embargo russe sur les producteurs alimentaires européens qui poussent nos voisins, l’Allemagne et Belgique en tête, à compenser en écoulant leurs produits à bas prix dans l’Hexagone.
Résultat, les importations qui représentaient 10 % des volumes en 2014 atteignent déjà 15 % sur les premiers mois de 2015, alors même que la France ne manque pas de lait et que la consommation tend à stagner. Confrontés à ces menaces, le label va donc contribuer « à protéger l’activité et les emplois sur le marché intérieur », résume Giampaolo Schiratti.

Luc Tribel © AdC

Exemple d’ovale sanitaire

La France ne fait que s’aligner sur les pratiques de ses voisins européens