​Un nouveau procédé de pasteurisation des jus économe en énergie

Les chercheurs de Tetra Pak® viennent de finaliser leur étude d’optimisation de la pasteu- risation des jus à « basse température », procédé qui se révèle à la fois économe en terme d’investissement et en terme environnemental.
Économiser 20 % de l’énergie nécessaire à la pasteurisation est désormais possible.
Décryptage.

 

L’industrie des boissons se nourrit d’innovations et le nouveau procédé de pasteurisation des jus dévoilé par Tetra Pak le 12 février 2014 illustre parfaitement ce processus. De quoi s’agit-il ? Les spécialistes de la catégorie « boissons » du Centre de Développement Produits de Lund en Suède ont validé à quel barème de pasteurisation (temps/température) il était possible de descendre, sans compromettre la sécurité alimentaire tout en préservant la qualité des jus.

Des modules de pasteurisation optimisés chez les clients

Les essais menés en laboratoire puis validés dans des conditions industrielles sur le site d’Helsinki de Valio Oy, l’un des leaders de l’industrie agro-alimentaire finlandaise, ont montré qu’on pouvait stabiliser microbiologiquement les boissons de la catégorie jus, nectars et boissons plates aux jus de pH inférieur à 4,2 en les chauffant à 80°C seulement pendant 15 secondes. Le progrès est considérable ! Il était, en effet, jusqu’ici admis que les boissons « acides » devaient se voir appliquer, lors de la seconde pasteurisation qui précède leur conditionnement final, un « barème » nécessitant de les porter à une température bien supérieure (95°à 98°C), pendant un laps de temps variable selon les produits (10 à 30 secondes).

Résultat : les modules de pasteurisation qui alimentent les lignes de conditionnement vont pouvoir être optimisés chez de très nombreux clients. « Nous recherchons en permanence des gains de productivité et des améliorations de la qualité des produits. Comment diminuer l’empreinte environnementale de nos solutions en consommant moins d’énergie et moins d’eau ou de fluides calorifiques ? Cette question est également au centre de nos préoccupations », indique Stéphanie Staimesse, responsable commerciale de la catégorie boissons de Tetra Pak Processing en France.

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Gains conséquents

Ainsi, cette découverte permet d’économiser environ un cinquième de l’énergie nécessaire à cette seconde pasteurisation en réduisant en même temps, dans des proportions similaires, l’utilisation des fluides calorifiques utilisés lors des cycles de chauffage et de refroidissement des échangeurs thermiques. Pour des débits de production qui peuvent atteindre 45 000 litres par heure, les gains sont conséquents ! « Il faudra les calculer précisément chez chaque client, en fonction de la gamme de produits et des technologies de pasteurisation utilisées », précise-t-elle.

Des audits seront nécessaires au cas par cas pour s’assurer aussi que toutes les conditions sont requises en ce qui concerne les charges microbiennes des boissons à conditionner. Testé à Lund chez Tetra Pak et à Helsinki chez Valio Oy pendant 18 mois et breveté, le procédé s’attaque efficacement aux levures, moisissures et bactéries, généralement peu présentes dans les boissons de pH inférieur à 4,2. « A ce niveau d’acidité, le traitement plus doux que nous proposons est suffisant pour éradiquer les bactéries pathogènes tout en stabilisant la boisson et en conservant au mieux ses qualités gustatives », explique Stéphanie Staimesse.

Philippe Matthieu © AdC - Crédits : © Fotolia